Anthony Million

Anthony Million est un conteur visuel, un photographe qui, avec une simple image, est capable de vous transporter dans un monde fantastique et imaginaire.

Dans cette galerie virtuelle, l'artiste nous fait découvrir deux de ses séries : "résurgences" et "urban tales", séries qui s'entremêlent jusqu'à n'en former plus qu'une pour nous ouvrir les portes d'un univers onirique et mystérieux...

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis un photographe autodidacte vivant dans le sud de la France. J’ai commencé la photographie en 2012, par du portrait tout d’abord, mais je me suis rapidement tourné vers le paysage et l’architecture, deux styles me permettant de m’exprimer pleinement et librement, sans retenu, sans barrière…

Comment définiriez-vous votre pratique ?

Mon approche est volontairement artistique puisque chacune de mes images est la matérialisation de ma vision des scènes photographiées, un mélange de réalité vécue et sentiments perçus. Mon leitmotiv est ainsi de faire partager ma vision artistique plutôt que l'exactitude d'un moment passé.

Modeler, créer, sublimer, révéler, orner, détourner, se désapproprier et s’approprier l’attendu, le prévu, l’immatérielle et le matériel pour en faire une seule et unique identité, le symbiote parfait d’une vision et d’un sujet. C’est ainsi que ma démarche photographique s’inspire et se nourrit.

C’est sans aucun doute dans l’architecture que mon inspiration se voit être la plus libre, dénuée de toute limite. Il est pour moi beaucoup plus facile de donner une identité à un lieu urbain plutôt qu’à un paysage. L’urbanisme dans la mémoire collective n’est pas forcément lié à une forme de beauté et d’expression. Pour la plupart des personnes, l’urbain est « froid », souvent peu esthétique, sans réel intérêt graphique et dépourvu d’âme. Ce regard « universel » s’oppose complètement à la vision que j’ai de l’urbain et de l’architecture. 

J’y vois au contraire une grande source d’inspiration et un moyen d’expression me laissant libre court à mes errances artistiques. Il peut être évident et naturel de s’extasier devant un paysage photogénique mais cela est moins évident face à des géants de pierre et d’acier…. Pourtant mon regard se porte et se fixe sur de tels sujets et mon imagination prends ensuite les rênes pour guider et modeler ce que sera mon image finale.

Ma démarche est donc consciente car je cherche systématiquement dans les paysages urbains le moyen de me les approprier, afin de les modeler par la suite, pour que mes sujets soient perçus ou ressentis différemment. Tout l’intérêt est d’ainsi de faire voir autrement ou différemment ce que votre regard n’aurait pas forcément vu ou voulu voir au premier coup d’œil.

Pouvez-vous nous expliquer comment vous est venue l’idée de créer les séries « résurgences » et « urban tales » ?

La série ‘Urban Tales’ (ou contes urbains) est née de cette volonté, quasi obsessionnelle, de voir autrement et différemment les paysages urbains. J’ai toujours eu cette intime impression que des bâtiments, buildings ou autre lieu issu du milieu urbain renferme leur propre histoire. Non pas celle que pourrait raconter les architectes ou historiens, mais celles qu’on susurre aux oreilles, sous forme de conte ou légende urbaine.

Je me suis donc attelé à imaginer ce que ces « géants » pourraient renfermer comme secret et histoire pour créer l’identité de mes images. Cette « mise en scène » s’articule autour des angles de prise de vue qui permettent de définir les lignes directrices de l’image, et offre ainsi un jeu de perspectives mettant en évidence une certaine grandeur du sujet pour le mettre dans son contexte. Les jeux d’ombres et lumières viennent alors habiller mes sujets et « plantent » le décor pour ainsi dire ; c’est l’étape finale me permettant d’écrire au fil de ces images ces contes urbains tout droit sortis de mon imagination.

La série ‘Résurgence’ pourrait être considérée comme une série « sœur » de ‘Urban Tales’ car dans cette dernière, je pousse le concept précédemment illustré en y faisant le parallèle avec ce que l’homme a de plus singulier et unique et pourtant universel : sa capacité à renouveler et à se transcender. 

Ainsi, cette série ‘Résurgence’ se fait l’écho du renouveau, du passage d’un état conscient et réel vers un état plus subjectif et évanescent. Toutes les images composant cette série illustrent cet état transitoire entre deux mondes. Mes sujets, dépourvus intrinsèquement de quelconque forme d’humanité et conscience, s’apparentent à des objets aux allures futuristes, étendards de la modernité et du renouveau, mais dont le caractère fantomatique laisse à penser que le concret fait place à l’immatériel. Cette dualité est donc le fil directeur qui nourrit mes images.

Cette série est à ce jour probablement celle dont la part introspective est la plus importante et c’est pourquoi elle demeure toujours inachevée à ce jour. D’autres images sont d’ores et déjà gravées dans ma mémoire et viendront au fil des mois compléter cette série.