Diptyques

Pour ce 3ème défi, Mode Ouverture a choisi la thématique du diptyque en photographie. Après l'examen des dossiers reçus, au vu de la diversité des approches et de la qualité des résultats, le jury a désigné 3 vainqueurs ex aequo.

Voici l'interview croisée de chacun des lauréats.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous décrire votre parcours photographique ?

Maryse DRUEZ : Maryse, belfortaine d'adoption, retraitée de l'Education Nationale, passionnée de photo (!), de voyages, de l'Art sous toutes ses formes... Longtemps solitaire dans ma démarche, j'ai rallié plusieurs clubs photo de la région et ai trouvé conseils, dynamisme, stimulation et confiance dans la Masterclass de Mode Ouverture, et ce depuis 2018.

JEAN-CHRISTIAN : Je suis JEAN CHRISTIAN, né à Colmar à 1966. J’habite depuis 20 ans à Annecy où je suis designer graphique indépendant. J’ai eu mon premier appareil photo « sérieux » à 14 ans : un Mamiya ZE-2 (reflex 24x36). J’ai fait à l’époque beaucoup de paysages couleur (Kodachrome 64), très « académiques ». Mais depuis le numérique, qui m’a vraiment ouvert de nouveaux horizons créatifs, j’ai bifurqué vers des compositions photographiques plus abstraites. Je ne me sens pas photographe, mais plutôt photo-graphiste.

Valérie PLUTA, vous avez remporté le défi photo n°2 avec une image pleine de peps et d'humour. Vous êtes à nouveau une des lauréates de ce challenge sur le diptyque avec un tout autre style. Avez-vous un secret pour remporter ces défis photo ?

Non, je n’ai pas de secret et j’avoue que je ne m’y attendais pas vraiment. Je n’imaginais pas qu’il était possible d’être sélectionnée deux fois ! Je répondrais donc à cette question en évoquant que j’ai une motivation certaine et que j’aime la variété de ces défis.

En ces temps difficiles, comment gardez-vous, ou retrouvez-vous votre motivation pour relever les défis photo proposés par Mode Ouverture ? 

Maryse DRUEZ : La motivation est bien vivante, toujours ce besoin d'avoir des objectifs, besoin propice à l'évasion et à l'attachement pour ma passion. Les défis stimulent et forcent à sortir de sa routine photographique et permettent à l'arrivée de visualiser le travail et la vision des autres participants autour des mêmes consignes. C'est aussi un lien social plus que nécessaire. Si les salles d'expo ouvraient à nouveau, ma motivation en serait décuplée !

Valérie PLUTA : Ces défis me permettent de sortir de mon ordinaire et de faire preuve de créativité. Ils me permettent de découvrir de nouvelles techniques et/ou des photographes que je ne connaissais pas. Ils m’obligent à réfléchir. Ils m’incitent à trouver le meilleur de ce que je peux faire en matière photographique. Je prends toujours beaucoup de plaisir à les réaliser. Et j’ai souvent besoin d’une motivation pour faire des photos ou des projets photo, sinon mon travail et mon quotidien auraient vite fait de prendre tout mon temps… De ce fait, un grand merci à Mode Ouverture et à Thibaut Froehly de nous les concocter !

JEAN-CHRISTIAN : Pour être honnête, beaucoup de gens ont pu voir mes créations abstraites lors de l’exposition à Audincourt en novembre 2019. Et j’ai eu envie de leur montrer un autre aspect de mon travail photo, plus classique. Même si je l’avoue : les « belles » photos, pas abstraites, ça n’est plus trop mon truc. Mais j’adore toujours découvrir le travail d’autres personnes, alors le partage c’est mieux quand c’est dans les deux sens. 

Votre approche du diptyque a-t-elle évolué après ce défi auquel vous avez participé ? Votre regard sur cette technique a-t-il changé ? 

Maryse DRUEZ : Pour ma future expo (en 2021???), le projet d'un diptyque était en chantier. Cette mission m'a permis d'étudier plus avant les différentes techniques d'en réaliser un. Je me questionnais surtout sur l'intérêt de 2 photos seulement avec une finalité annoncée ou tout est dit ou plutôt une suite induite auprès du spectateur. J'ai misé sur l'émotion.

Valérie PLUTA : Je connaissais cette approche mais sans jamais réellement l’avoir testée avec mes photos. N’étant pas prête à exposer, je n’ai jamais vraiment eu besoin d’y recourir. En revanche, je travaille souvent en série et finalement un diptyque est une minisérie, non ? Avec la difficulté d’un editing plus drastique encore … L’expérience est passionnante en tout cas, difficile mais réellement intéressante.

JEAN-CHRISTIAN : Non pas vraiment. Mon approche pour ce genre de diptyque est assez simple : une photo globale, cadrée grand angle. Et la deuxième qui est plutôt un détail, une histoire extraite de la photo globale.

Comment vous est venue l'idée de la thématique de votre diptyque ? 

Maryse DRUEZ : Depuis un an, je m'oriente vers des photos abstraites, à tendance minimaliste, avec du flou, des surimpressions. Sans doute en rapport avec ma pratique de l'aquarelle et l'envie d'évoquer dans mes photos des impressions fugitives, des ambiances colorées où la lumière joue gagnante. Mon choix dans la présentation aurait été d'associer mes 2 images verticalement, à la manière des estampes.

Valérie PLUTA : J’ai fait beaucoup d’essais, dans différents styles, en me basant sur les conseils que Thibaut donnait dans sa vidéo. Mon choix s’est finalement porté sur ces deux photos qui étaient assez récentes et que j’avais bien en tête. De plus, elles répondaient à un thème que je trouve d’actualité en ces temps si perturbés : la liberté !  Comme tout un chacun, j’aimerais que l’on retrouve bon nombre de nos libertés que nous avons mises entre parenthèses pendant cette pandémie…

JEAN-CHRISTIAN : Ma photo de base est le métro aérien à Paris. C’est une photo dont j’aime beaucoup la lumière et l’ambiance qu’elle dégage. La photo de droite, est l’intérieur d’une rame métro. En voyant passer un train (ou un métro) je me demande souvent « qui est à l’intérieur ? », « où vont-ils ? », « que se passe-t-il dans ce wagon… ». Ça permet à l’instant t, d’avoir en même temps une vue extérieure/intérieure d’un moment…

Assembler deux photos pour qu'elle se répondent est tout un art. Sur quels critères avez-vous sélectionné vos images ?

Maryse DRUEZ : Pour le choix de mon diptyque, j'ai misé sur la couleur bleue, sa symbolique dans ce climat quelque peu étouffant, j'ai joué sur la transparence en éclaircissant les tons, j'ai opposé (ou marié) les lignes verticales/horizontales qui peuvent susciter des émotions, des états d'âme. Sans perspective, où l'eau, l'air, les végétaux se confondent en d'infimes variations. Invitation à voir l'impossible, comme un rendez-vous avec un moment suspendu dans un lieu éphémère, imaginaire, universel.

Valérie PLUTA : Plusieurs de mes photos entraient dans le cadre de ce thème de la liberté. Comme je l’ai dit, je travaille souvent en série. J’ai fait le choix de prendre des photos épurées, minimalistes. Le noir et blanc convient bien à cela, je trouve. Ensuite, j’ai choisi le format carré, car c’est un format que j’affectionne. Je voulais que la première photo fasse vite comprendre le thème choisi, d’où le choix de la chaîne brisée. Le cadrage en haut à gauche permet d’ouvrir la photo et laisser place à un espace … libre !Pour la deuxième photo, je voulais une photo dont la vue en solo ne permettait pas forcément de comprendre qu’elle s’associait à ce thème de liberté. La danse est un art qui traduit bien cette notion de liberté. Mais le cadrage avait de l’importance car il devait emmener cette part de mystère. D’où le choix de ne prendre en photo que les avant-bras que l’on devine bouger de manière harmonieuse.

JEAN-CHRISTIAN : Comme je le dis ci-dessus, j’ai sélectionné deux points de vue différents d’un même moment (le métro qui passe). Et pour ce diptyque, j’ai volontairement choisi deux photos dans les mêmes teintes. Même si ce n’est pas le même wagon (je n’ai pas le don d’ubiquité), on imagine bien qu’il s’agit du même sujet.